Pendant les 15 jours qui se sont écoulés depuis le premier temps d’assemblée synodale, j’ai porté le diocèse dans la prière. En regardant les photos, en repensant aux débats, c’est à l’Eglise définie comme « fraternité » que j’ai pensé. Je retiens le mot fraternité, non pas dans le sens d’une vertu mais comme groupe de croyants, comme nom propre de l’Eglise.

- Dans la 1ère lettre de St Pierre ch 2, il y a une exhortation aux chrétiens : « Honorer tous les hommes, aimer la fraternité ». Le Père Dujarner parle de la « fraternité en Christ », une Eglise de frères

- St Paul dans l’épitre aux Galates (3, 27-28) nous dit : « Tous, vous êtes fils de Dieu par la foi en Christ-Jésus ; car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave ni homme libre, il n’y a ni mâle ni femelle ; car tous, vous êtes un en Christ-Jésus. »

Jean Pierre LEMONON commente : ces grandes catégories qui marquent l’humanité continuent d’exister mais à la l’intérieur de la communauté chrétienne, pour ceux qui ont revêtu le Christ, les relations sont transformées en une égale dignité des frères en Jésus-Christ.

Nous pouvons l’expérimenter car dans notre assemblée, notre point commun est que nous sommes « du Christ ». Soyons prêts à nous accueillir les uns les autres ; à nous recevoir en frères et sœurs. Les  ministères sont divers, les  charismes sont variés ; notre grâce commune est d’être « du Christ ».

La parole de Dieu va être présentée, proclamée : elle est notre guide, notre lumière, le Christ au milieu de nous. Ainsi au début de son ministère, à la synagogue de Nazareth, Il proclame qu’Il est la Parole vivante : « Aujourd’hui cette parole s’accomplit ».

« Aujourd’hui évangéliser la Drôme ». La nouveauté est celle du Christ lui-même quel que soit les imperfections, les déceptions, les impatiences par rapport aux textes votés. C’est un chemin qui s’ouvre ; cela ne solutionne pas tout. C’est un repère pour marcher ensemble sur un chemin où l’Esprit nous conduit. Si le Seigneur lui-même bâtit la maison  nous ne travaillons pas en vain. C’est le Seigneur qui bâtit sa maison, édifie son corps, forme ses disciples et les envoie au milieu du monde.

Nous sommes porteurs de toutes les réalités humaines (familles, entreprises, établissements scolaires, hôpitaux, organismes caritatifs, associations, mouvements, lieux d’Eglise. Laissons l’Esprit nous inspirer : Esprit qui planait sur les eaux à la création, Esprit de la Pentecôte, Esprit de notre Baptême, de notre confirmation ; Esprit qui  nous pousse aujourd’hui.

« N’éteignez pas l’Esprit ! » (1 Th 5,19) par la tentation de critique, de déception, par des peurs. Avançons avec audace et force pour faire ce que l’Esprit nous demande.

Le synode s’inscrit dans le temps, depuis le début des équipes synodales et jusqu’au travail qui aura à faire après. « Que Dieu lui-même achève ne nous ce qu’il a commencé. »

28 mars 1515 : c’est le 500ème anniversaire de la naissance de Thérèse d’Avila qui disait :

« Le monde est en feu ce n’est pas le moment de s’occuper de choses insignifiantes. »

du Patriarche des Chaldéens – Bagdad

« C’est vraiment la vocation des chrétiens en Irak : servir de pont pour la réconciliation entre les communautés. J’ai organisé au moins dix colloques réunissant les autorités politiques et religieuses. Tous les ans, j’offrais un grand repas pendant le ramadan et il y avait plusieurs centaines de personnes. Tous le disaient : « Seule l’Eglise arrive à nous réunir ! Les Kurdes ne voulaient pas aller chez les Arabes, les Arabes chez les Kurdes et de même entre Chiites et Sunnites, mais quand l’Eglise invitait, tous venaient ! J’ai constaté aussi cela à Bagdad, d’ailleurs.

Le résultat concret, en plus de l’amitié que nous avons pu développer, c’est que nous avons rédigé une convention en dix points pour travailler sur la paix à Kirkouk. Chacun devait former la jeunesse à la paix, au pardon et non pas à la violence, il était interdit de dire du mal des autres communautés dans les prêches ou les sermons, de se venger. Nous devions veiller à renforcer la convivialité, le respect entre les personnes et les groupes, même vis-à-vis des religions minoritaires. Tous les acteurs de la ville ont juré, à l’évêché, d’œuvrer pour la paix et la sécurité de la ville et de ne pas laisser les terroristes y entrer, ni en les aidant, ni en les finançant d’une manière ou d’une autre. Cela n’a pas empêché les bombes d’exploser, mais justement, vu le contexte, ces rencontres et ce plan de paix étaient un exploit… »

Seule l’Eglise arrive à nous réunir.